quarta-feira, 17 de fevereiro de 2016

Lorsque l’on s’occupe d’un proche, qui s’occupe de nous ?



 

Cela arrive dans toutes les familles, à un moment ou à un autre. Nous sommes fragiles dès lors qu’au moment où on s’y attendait le moins, on se voit dans l’obligation de s’occuper d’un proche qui a eu un accident ou qui est atteint d’une maladie handicapante, ou d’aider les personnes âgées de notre famille, que ce soit temporaire ou permanent.

Lorsqu'une personne tombe gravement malade, l’idéal, c’est que ce soit un proche qui prenne soin d’elle. Mais il faut aussi reconnaître qu’assumer une telle responsabilité peut représenter un réel défi : le quotidien prend alors soudainement un nouveau tournant, et on n’a pas d’autre choix dans ces cas-là que de sortir de sa zone de confort.

Quiconque consacre sa vie à s’occuper d’un proche qui en a besoin peut rapidement en oublier ses propres besoins physiques et émotionnels.

Être ou ne pas être

Viktor Frankl, psychiatre ayant survécu à l’horreur de l’Holocauste nazi, a dit que dans la vie, et ce même dans les pires moments, on peut toujours «choisir notre façon de vivre et de faire face aux différents événements qui se présenteront à nous».

En d’autres termes, même si on en n’a pas toujours conscience, on a le pouvoir de choisir la tournure que l’on veut donner aux choses que la vie met sur notre chemin.

Au moment où on apprend une nouvelle aussi mauvaise qu’inattendue, on est bien souvent très affecté, confus et choqué…et c’est bien normal.

Dans de telles conditions, nombreuses sont les choses qu’il va falloir apprendre à gérer : une nouvelle vie, les limites et le tourbillon émotionnel dans lequel on se retrouve lorsqu'on voit un proche gravement malade ou dans un état critique à cause d’un accident. On peut facilement prendre peur lorsqu'on mesure l’ampleur du changement qui s’est opéré dans notre quotidien.

Cependant, une fois que le choc est passé et que l’on s’est fait à cette nouvelle vie, vient le moment de définir notre comportement existentiel. Quelles sont alors les options qui s’offrent à nous ?

• Ne pas accepter : un tel comportement peut donner lieu à des sentiments tels que la haine, la frustration, la tristesse ou l’impuissance. Même si, dans de telles conditions, il est normal de se sentir abattu et de tout faire pour résister face à cette souffrance, il ne faut malgré tout pas résister trop longtemps.
Cela pourrait entraîner un stress chronique, ainsi que d’importants dégâts émotionnels qui affecteront la santé, mais aussi la capacité à prendre soin de l’autre.

• Accepter la situation et la voir comme une obligation morale : ce serait alors une acceptation superficielle et non achevée, puisqu’on serait divisé entre l’amour et le devoir. On assumerait donc la situation, mais sans en avoir vraiment envie, et sans y mettre tout notre coeur ; cela ne serait alors bénéfique pour personne.

• Accepter la situation et la voir comme une opportunité d’en sortir plus mûr et plus fort : c’est le comportement qu’il serait le plus sage d’adopter, car il nous permettrait de nous alléger d’un poids et de rester courageux. Si malgré la difficulté de la situation, on parvient à conserver une harmonie intérieure, on pourra alors transmettre de bonnes ondes à la personne.
Comment se protéger?

Lorsque l’on consacre sa vie à prendre soin d’un proche qui en a besoin et à lui donner de l’attention, on peut en arriver à s’oublier soi-même et à être complètement vidé de toute force physique et/ou émotionnelle.

Voici quelques conseils qui, si vous les suivez, vous permettront de limiter les dégâts et de pouvoir continuer à vous occuper d’une personne dans les meilleures conditions possible :

• Avoir conscience de ses limites : il faut garder à l’esprit que l’on n’est pas surhumains, et que l’on ne peut par conséquent pas tout faire.

• Demander de l’aide matérielle et émotionnelle dès que le besoin se fait sentir : il ne faut pas hésiter à solliciter famille ou amis et leur demander de prendre un peu le relais en s’occupant du malade ou en faisant quelques courses à notre place.
Et au niveau émotionnel, il faut savoir «vider son sac» en se confiant à quelqu’un qui nous écoute avec compassion, ou tout simplement en passant du temps avec une personne qui nous fait rire et nous permet de penser à autre chose.

• S’entourer d’une équipe de professionnels compétents tels que des médecins, des infirmiers/infirmières et des thérapeutes dignes de notre confiance et possédant des qualités humaines afin de pouvoir s’assurer du fait que le malade soit entre de bonnes mains.

• Consulter un psychologue peut se révéler être une bonne option, puisque cela nous permet de disposer d’un espace objectif pour ventiler nos émotions et réfléchir sur ce qu’il se passe.

• Redécouvrir la spiritualité, quelles que soient nos croyances, comme source d’inspiration et de transcendance pouvant nous aider à surmonter les moments difficiles, à trouver un sens à la situation et à nous renouveler constamment.

Rien n’arrive au hasard ; on doit apprendre de chaque situation à laquelle on est mené à faire face.

Peut-être découvrira-t-on finalement une grande leçon de vie en s’occupant d’un proche qui en a besoin. Dans ces conditions, non seulement on se consacre à prendre soin des autres, mais on apprend aussi à prendre soin de soi-même.



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