quinta-feira, 24 de dezembro de 2015

"J'aide Père Noël à faire ses paquets: Je vis avec lui"





“J'aide Père Noël à faire ses paquets : je vis avec lui".


Universitaire renommé et père de la Terre du Milieu, J.R.R. Tolkien (1892-1973) fut aussi un formidable auteur de contes pour enfants. Entre 1920 et 1943, il use de son imagination débordante pour écrire de nombreuses lettres à ses enfants, se faisant passer pour le Père Noël et leur racontant la vie au Pôle Nord avec son ami le Grand Ours Polaire… Une lecture charmante à vous faire retomber en enfance !



Noël 1925

Mes chers garçons,

Je suis terriblement occupé cette année (quand j’y songe, ma main en tremble plus que jamais), et ne suis pas très riche ; en réalité, des choses horribles sont advenues et certains cadeaux ont été abîmés.

Comme l’Ours du Pôle Nord n’a pas pu m’aider et que j’ai dû déménager juste avant Noël, vous pouvez donc imaginer dans quel état sont les choses, et vous comprendrez pourquoi j’ai une nouvelle adresse et pourquoi je ne peux écrire qu’une seule lettre pour vous deux.

Tout est arrivé de la façon suivante : par un jour très venteux de novembre dernier, mon capuchon s’envola et se planta au faîte du Pôle Nord. Malgré ma désapprobation, l’Ours du Pôle Nord grimpa jusqu’au sommet effilé pour le ramener, ce qu’il fît. Le pôle se brisa en son milieu, tomba sur le toit de ma maison, troua le plafond de la salle à manger dans laquelle l’Ours du Pôle Nord tomba avec mon capuchon sur le nez, et toute la neige glissa du toit, se répandit dans la maison, fondit, éteignit tous les foyers, s’engouffra dans les caves où je remisais les cadeaux de cette année, et l’Ours du Pôle Nord se cassa une patte.

Il va bien maintenant, mais j’étais si fâché contre lui qu’il dit qu’il n’essaiera plus de m’aider — je crois que son amour-propre est blessé mais devrait guérir avant le prochain Noël.

Je vous envoie un dessin de l’accident et un autre de ma nouvelle maison sur les falaises au-dessus du Pôle Nord (avec de magnifiques caves dans les falaises). Si John ne peut pas lire ma vieille écriture tremblante (vieille de mille neuf cent vingt-cinq ans) il doit demander à son père de la lui lire. Quand Michael va-t-il apprendre à lire, et quand apprendra-t-il à m’écrire ses propres lettres ? Plein d’affectueuses pensées à vous deux et à Christopher, dont le nom ressemble au mien.

C’est tout : Au revoir.

Père Noël

P.S. Père Noël était très pressé — il m’a dit d’ajouter un de ses pétards magiques à exaucer les vœux. Quand vous tirez, faites un vœu et attendez qu’il se réalise. Excusez cette écriture épaisse, j’ai une grosse patte. J’aide Père Noël à faire ses paquets : je vis avec lui.

Je suis le GRAND OURS (Polaire)

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