segunda-feira, 28 de setembro de 2015

Lettre de Stendhal à Mérimée


   



Henri Beyle, alias Stendhal (2 janvier 1783 – 23 mars 1842), célèbre auteur du roman Le rouge et le noir et La chartreuse de Parme, fut un esprit génial, ébloui par l’Italie, les voyages, les arts… et un homme malheureux dans son commerce avec les femmes. Lorsque Stendhal et Mérimée se rencontrent dans un salon en 1822, les vingt années qui les séparent ne les empêcheront pas de devenir de grands amis et les confidents de leurs aventures scabreuses respectives. Dans cette lettre, Stendhal donne à son ami les conseils pour une première fois réussie !

«Je suis ainsi que beaucoup d’autres embarrassé lorsqu’il s’agit d’enfiler pour la première fois une femme honnête. Voici un moyen très simple : Lorsqu’elle est couchée, vous la branlez, etc. ; elle commence à y prendre goût. Cependant, le costume fait qu’elle se défend toujours. Il faut alors, sans qu’elle s’en aperçoive, lui mettre l’avant-bras gauche sur le cou, dessous le menton, de manière à l’étouffer ; le premier mouvement est d’y porter la main. Pendant ce temps, il faut prendre le vit entre l’index de la main droite et le grand doigt, et le mettre dans la machine : Pour peu qu’on y mette de sang-froid, cela est immanquable. Il faut cacher le mouvement décisif de l’avant-bras gauche par des giries.

C’est Percheron qui m’a donné ce moyen, et il y est expert.»

( Stendhal, Lettres érotique de Stendhal et Proper Mérimée, 1959, Au cercle du livre précieux. )